En 1260, Brunehamel aurait regroupé 80 foyers, et il paraitrait qu’un château existait déjà au XIIIe siècle.

Au siècle suivant, plusieurs sources affirment que le château de Brunehamel aurait existé en 1340, lors du siège d’Aubenton. En effet, le seigneur de Brunehamel aurait fait partie d’une attaque de Chimay, puis de la défense d’Aubenton, assiégée en représailles. Après la prise des fortifications, il se serait enfui dans son château. Les chroniques de Jean Froissart, document d’époque décrivant ce siège, pourraient peut-être nous en apprendre plus.

Le château médiéval aurait été reconstruit une première fois en 1551. En voici la description, dans “Le canton de Rozoy-sur-Serre”, de 1865, page 142 :

Les frères Margival, seigneurs de Brunehamel, demeuraient aux Autels, village voisin ; mais en 1551, ils bâtirent où ils se fixèrent, un château-fort, divisé en deux corps de logis, fermé par un seul pont levis, une enceinte de fossés, et un mur flanqué de 9 tours.

Au XVIe siècle, de nombreux villages ont fortifié leurs églises. Le site eglises-fortifiees-thierache.net nous donne des informations complémentaires à ce sujet, dont notamment :

La première campagne de fortification de 1521 à 1559 est marquée par les guerres ouvertes entre l’empereur Charles Quint et le roi François Ier. […] La déclaration de guerre à l’Espagne le 19 mai 1635 marque la quatrième phase qui s’achève en 1659.

Ce qui est remarquable, c’est que le château actuel possède une architecture très semblable aux églises fortifiées de la région. De plus, l’église de Brunehamel n’est pas fortifiée. On peut donc supposer qu’à Brunehamel, un château existait bel et bien avant 1551, et que celui-ci a été remanié ou refortifié plutôt que l’église.

“Le canton de Rozoy-sur-Serre” nous dit ensuite :

Ce château, qui finit par tomber en ruine, fut reconstruit; c’est actuellement un seul massif en pierres et briques, sans façade principale, de forme gothique, d’une solidité à toute épreuve et divisé en un grand nombre de pièces; on y remarque un joli escalier en pierres de taille.

Cette reconstruction date probablement du XVIIIe siècle. D’après un plan de cette époque, les bâtiments se succédaient le long d’un des côtés, avec une amorce d’aile en retour.

Sur un croquis datant de 1793, accompagné d’un texte manuscrit, de bâtiments, il ne reste plus que le coin sud, comme aujourd’hui, ainsi que les remparts. Il est mentionné un bâtiment, qui a été démoli, dans la prolongation de la façade actuelle, et muni d’une tour semblable à celle qui existe. Cette tour, ainsi qu’une autre appelée la prison, flanquaient l’entrée munie d’un pont-levis.

Le cadastre napoléonien (1812) a gardé les parcelles d’un ancien château, correspondant au croquis de 1793. Les bâtiments qui y figurent encore sont le château actuel au coin sud, la tour ronde, actuellement rattachée à la chapelle (la chapelle elle-même est ultérieure), et un fragment de la tour est. La tour nord a été intégrée dans un plus grand bâtiment. Les douves sont dessinées, ainsi qu’un parc au nord-est.

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Il existe un document qui retrace les différents propriétaires depuis 1551 jusqu’à aujourd’hui.

Entre 1876 et 1902, le château abrita le pensionnat de jeunes filles de Sainte-Chrétienne, détenu par la sœur Sainte-Mecthilde, de son vrai nom Adèle Turquin. Une carte postale date de cette époque.

On pourrait penser que la chapelle date du pensionnat de Sainte-Chrétienne, mais elle est déjà présente sur un dessin de 1873.

Plus proche de nos jours, j’ai une copie de l’annonce immobilière mettant en vente le château le 26 juin 1979 pour 6.9 millions de francs belges : “en parfait état d’habitation”, “confort moderne”, à savoir “Electricité encastrée - Téléphone - Antenne TV - 2 boilers électriques d’eau chaude - Chauffage central au mazout”, et “Toiture en parfait état”. Le bâtiment semble s’être dégradé de manière très importante par rapport à cette annonce. Certains éléments ont été retirés volontairement pour faire ressortir la beauté de la brique d’origine (cloisons, plâtre). D’autres se sont bel et bien dégradés (joints de maçonnerie extérieurs, fenêtres, toiture). Enfin, les défauts structurels actuels existaient sans doute déjà.

Autres sources :